Lignes épurées, formes avant-gardistes et travail de matières placent la collection de Noureddine Amir sous le signe de l’originalité. Du noir, beaucoup de noir sur le podium… Longues robes chasubles, jupes droites et tops asymétriques taillés dans des matériaux bruts épousent les formes. De somptueux effets de superposition de matières sur de l’ocre et gris métal donnent une touche de lumière à l’ensemble. L’aspect brut de ses matières est associé avec délicatesse à la brillance de l’organza et de la soie : belle connivence entre tissus secs masculins et matières plus féminines. Certaines pièces sont dévorées et usées par endroits. D’autres traînent au sol. Enfin, des effets de plissés et de franges finissent ses tuniques. Un vrai travail accompagne ses créations où des filaments sont enroulés, retenus, tassés avant d’envelopper le corps. Les volumes sont très étudiés, la féminité ainsi suggérée. Les volumes sont intéressants, les lignes tout à fait inédites. Les accessoires portés aux poignets crées un amas de fines et longues épingles sont l’œuvre d’Amina Agueznay. Surprenante, presque irréelle, sa collection impose un style résolument hors du commun. Un univers sombre traduit grâce à un véritable travail de matières. Un univers où la créativité, la vraie, celle porteuse de sens, est le seul mot d’ordre. Chapeau bas, Noureddine !

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